lundi 19 janvier 2009
Île de North Pandan et Apo Reef (Mindoro occidental)
Après 20 heures de voyage sur Kuwait Airways (dont 14 h de vol et deux escales à Kuwait City et à Bangkok), nous voici enfin arrivés à Manille. Après une nuit très courte et très bruyante mais néanmoins réparatrice, nous redécollons à 6 H pour l’île de Mindoro et atterrissons après 30 mn de vol sur le minuscule aéroport de San Jose (Mindoro occidental).
Sitôt débarqués, nous grimpons dans un tricycle complètement rouillé de partout mais sans doute pas encore assez pourri car il nous amène à bon port jusqu’à la gare de bus, un endroit destroy avec un seul bus (le notre), un véritable tas de ferraille, des sièges déglingués, des pneus rechapés entièrement lisses, bref une épave. Mais bon, les gris-gris, les images pieuses et la statue de la Sainte Vierge sur le tableau de bord rafistolé sont là pour nous protéger durant notre périple. 3 H de route (ou plutôt de piste) traversant de sublimes rizières au milieu des cocotiers, au pied des montagnes recouvertes par la jungle, et nous arrivons à Sablayan, charmant petit village de pêcheurs. Encore 20 mn de banca (embarcation locale avec un balancier de part et d’autre du bateau) et nous atteignons enfin notre but : l’île de North Pandan. (www.pandan.com)
Une île idyllique recouverte de cocotiers, plages de sable blanc, bungalow face à la mer, petites criques isolées très pittoresques et surtout des fonds coralliens magnifiques.
Mais l’île est surtout le point départ pour la visite du parc national d’Apo Reef, l’un des plus beaux endroits au monde pour la plongée sous-marine ou pour le snorkeling. Il nous faudra 2 heures - parfois escortés par une bande de dauphins – pour atteindre cet extraordinaire atoll et l’île paradisiaque d’Apo.
Pas une vague, l’eau est d’une limpidité incroyable, une palette de couleurs inimaginables. Trois plongées au total ...trois heures dans cet immense aquarium grouillant de vie. Des poissons multicolores de toutes tailles, des tortues, des requins, un véritable enchantement.
Une pause sur l’île d’Apo permet de fouler l’immense plage de sable d’un blanc immaculé et de grimper au phare d’où la vue à 360 ° sur l’atoll est à couper le souffle. Un endroit très protégé et très préservé du tourisme où seuls quelques plongeurs accèdent chaque jour à ce paradis marin.
vendredi 23 janvier 2009
Bulalacao (Mindoro occidental)
Aujourd’hui, nous allons essayer de rejoindre Bulalacao, on dit bien « essayer » car ici sur Mindoro, les transports sont rares, les horaires complètement aléatoires et l’on ne sait jamais quelles surprises va nous réserver la route.
Donc, départ en banca à 6 h du matin de l’île de Pandan et ça commence déjà bien : la mer est trop basse et il est impossible de rejoindre directement le village de Sablayan. Dix minutes de marche dans le sable noir et 10 mn de tricycle plus loin, nous réussissons à chopper un jeepney pour San Jose. Trois heures de piste avec une cargaison de poissons, ça pourrait être pire.
Mais le pire va arriver dans l’autre jeepney entre San Jose et Bulalacao. Nous sommes déjà prévenus, la « route » de montagne sera épouvantable. Mais le plus épouvantable dans tout ça, est que la moitié arrière du jeepney va être très vite transformée en bétaillère… et pour transporter quoi ? Un buffle et une vache ! Une dizaine de personnes sera nécessaire pour les faire grimper dans le véhicule pas du tout prévu pour acheminer de tels passagers. Nous commençons à rouler et les bêtes sont complètement stressées : elles pissent, elles chient et comme la piste n’est franchement pas terrible, à chaque trou, chaque virage, elles glissent sur leurs excréments, se cognent et parfois chutent lourdement… un vrai cauchemar ! C’est donc pour améliorer leur confort que nous allons charger en route une cargaison de paille et voilà comment on transforme un jeepney en une véritable étable roulante ! Mais la situation va encore empirer dans la montée au sommet de la montagne. Une ascension hyper raide, impraticable à nos yeux, mais qu’aucun jeepney ne se refuserait. Une véritable épreuve pour nous et la machine. Mais que dire des deux pauvres bêtes : elles s’écroulent, se cognent contre les parois de l’engin, elles se blessent (arcade sourcilière ouverte) et sont couvertes de sang… horrible. La descente sera tout aussi catastrophique avec en plus les litres d’urine qui dévalent le jeepney, baignant nos chaussures mais pas nos sacs à dos que fort heureusement nous avons soulevé à temps. Hormis la vision d’horreur que nous avons eu dans le jeepney, les paysages à l’extérieur étaient fantastiques. Notre bétaillère arrivera à bon port au charmant village de Bulalacao. Un périple de 10 H riche en émotions !
Bulalacao est un charmant et paisible village encore méconnu des touristes. Le jeepney nous dépose devant le Felipa’s Lodge où nous prenons nos quartiers. Un excellent choix, d’autant que c’est le seul endroit où l’on peut se restaurer. L’accueil est fantastique et la patronne s’avère être une très bonne cuisinière : cure de crabes, de calamars, et surtout de gambas géantes comme nous n’en n’avons jamais mangé auparavant (seulement 2 euros l’assiette de 3 monstrueuses et succulentes Tiger Prawns… indécent). Dans la maison, de notre chambre très proprette, nous traversons à chaque fois la petite épicerie pour rejoindre la cuisine. Ambiance très familiale. La télé nous déverse son même lot de jeux télévisés débiles que l’on trouve en France, mais au moins ici, ça a le mérite de nous faire rire.
L’ambiance dans le ville est très insolite : musique américaine des années 60 à fond la caisse et des majorettes partout. Nous sommes samedi et un concours doit avoir lieu…Attention, les Philippins adorent faire la fête, et tout n’est que prétexte pour s’amuser, boire, fumer… Pas toujours facile parfois de saisir ce qu’un Philippin veut nous faire comprendre, mais quand il est bourré de surcroît, ça vire à la cata ! Fous rires garantis… Les gens nous serrent la main, nous lancent des « Hey Jo ! » (les GI’s américains ont laissé des traces). Nous avons rarement vu autant de sourires au m².
Felipa nous trouvera même un bateau pour le lendemain, et pas n’importe lequel : celui des gardes côtes, pour faire le tour des charmantes îles de Target et Aslom.
Nous quittons Bulalacao le surlendemain aux aurores. En principe, seulement 2 H de trajet pour nous rendre à Roxas, port d’embarquement pour Caticlan. En fait nous ne mettrons qu’ 1H30 car nous allons être les acteurs d’une course de jeepneys… le délire ! Les gens qui attendent sagement au bord de la route n’ont pas le temps de réagir à son arrivée et sont littéralement happés dans le véhicule par les deux gars dont le boulot consiste à charger les marchandises. L’un d’entre eux, nous fera même un remake des cascades à la Belmondo, accroché dans le vide aux barreaux du jeepney roulant à vive allure. Même les mamies et leurs paniers chargés de calamansis n’y échappent pas et sont tirées sans ménagement à l'intérieur, arrivant tout sourire édenté, n’ayant pas le temps de s’asseoir que le jeepney est déjà reparti en trombe. Le pire dans l’histoire, c’est que tous les passagers qui paraissent coutumiers du fait, participent à la cause en encourageant le chauffeur. Pourtant, bien difficile pour nous de prendre cela à la rigolade devant de tels risques démesurés : une vitesse folle sur une route empierrée qu’aucun obstacle ne pourrait arrêter. Sains et saufs, nous embarquons dans le ferry pour Caticlan, 4 H de navigation sur une mer très agitée et nous quittons l’île de Mindoro pour d’autres aventures.
lundi 26 janvier 2009
île de carabao (romblon-visayas)
Après une nuit passée à Caticlan sur l’île de Panay, nous embarquons à bord d’une banca pour l’île de Carabao. Une île comme on en rêve : des plages de sable blanc bordées de cocotiers, une eau limpide où tous les tons de bleu et de vert sont déclinés, des sentiers pittoresques traversant la montagne couverte de jungle où sont disséminés de minuscules hameaux de maisons en bambou, des petits villages de pêcheurs vivant hors du temps et des rencontres fantastiques avec les autochtones d’une gentillesse hors du commun. Pas une seule voiture. Bref un véritable paradis que nous avons découvert en arpentant pas moins de 30 KM de chemins magiques nous menant de Lanas où nous logeons à San Jose sa petite capitale.
Port de San Jose
Tricycle sur la plage -Station d'essence- Panier de basket
Le plus incroyable, c’est que l’île de Boracay, l’endroit le plus touristique des philippines où s’entassent des milliers de touristes, n’est seuleument qu’à 45 mn de banca de là. Ici pas un seul touriste et seulement trois endroits pour se loger. Justement, nous créchons au Nipa Hauz ( www.carabaoislandnipahauz.com ), hyper bien tenu, chambre impeccable avec vue sur mer et sur le coucher de soleil. C'est aussi le seul resto de l'île où nous n'aurons pas vu un seul autre hôte durant notre séjour.
Côté découverte culinaire, nous n’allons pas être déçus : le lapu-lapu et le tanigue grillés sont d’excellents poissons, tous les soirs on nous offre le tuba (lait de fleur de noix de coco fermenté ressemblant à du vin nouveau), un régal… Un matin alors que nous prenions le petit-déj face à la mer, arriva un petit bateau de pêcheur, Merelyn la propriétaire et aussi notre cuisinière hors pair, se précipita pour acheter une quantité de petits poissons ressemblant à des sardines. Vingt minutes plus tard, elle arrivait à notre table avec un plat qu’elle et son mari venaient de nous préparer : le kinalaw, filets de poissons frais marinés dans du vinaigre avec du gingembre, du calamansi, des petits oignons et du piment… une véritable tuerie. Les autres poissons sécheront toute la journée au soleil. Bien entendu nous goûterons également à ces filets séchés bien appétissants et ce sera une fois de plus jouissif.
Notre chambre et le poisson qui sèche au soleil
Coco séchant au soleil -Taille des filets pour.. le kinilaw, un délice !
Trois jours de bonheur sur l’île de Carabao... et Merelyn dont nous garderons un souvenir impérissable. Notre premier coup de cœur de ce voyage.
jeudi 29 janvier 2009
île de tablas (romblon-visayas)
Lanas, 5 h du mat, nous enfourchons une moto, chargés comme des mulets, le gros sac dans le dos et le petit sur l’épaule. Il ne pleuvra que 20 minutes aujourd’hui mais pile poil pendant la traversée de l’île à moto pour rejoindre le port de San Jose, histoire de rajouter encore un peu plus de stress sur ce chemin déjà jalonné d’obstacles et devenu glissant avec la pluie.
Une heure de banca (avec un chargement de coqs de combat, il est 6 h du mat et c’est à celui qui chantera le plus fort : une véritable cacophonie !) pour rejoindre Santa Fe sur l’île de Tablas et 2 H de jeepney plus tard, nous arrivons à Odiongan après avoir traversé de somptueux paysages. Mais où sont les touristes ? Toujours pas un étranger en vue et bien que la ville soit la plus importante de l’île, c’est tout de même un trou perdu.
L’après-midi, nous nous rendons à 15 KM plus au sud pour découvrir la fantastique plage de Binocot (près de Ferrol) où nous sommes une fois de plus seuls au monde.
La nuit sera plutôt bonne sauf que… à 04H45, réveil en fanfare : les hauts parleurs de l’église toute proche vont vomir dans toute la ville des sons de cloches complètement saturés dont l’Ave Maria version synthé qui passe en boucle. Epouvantable pour les oreilles !... Seuls les sourds échapperons à ce réveil forcé qui ne durera pas moins de 45 mn. Mais bon sang, que fait la police contre ce tapage nocturne ?!... Du coup nous arrivons à 7 h au terminal de jeepney jouxtant le marché. Hélas le départ pour San Augustin n’est prévu qu’à 09h30 dixit le chauffeur. Pas de soucis, nous chargeons déjà nos sacs à dos dans le véhicule et partons visiter le marché car nous avons deux bonnes heures devant nous...
Nous commençons par le côté fruits et légumes, puis le rayon poisson avec de magnifiques thons et, alors que nous discutions avec un poissonnier, que ne voit-on pas ?...Notre jeepney se fait la malle ! La panique ! Nous prenons nos jambes à nos cous et rattrapons de justesse ce dernier ...et nos sacs. Ouf… la journée démarre sur les chapeaux de roue !
Moralité : aux Philippines, ne jamais prendre pour argent comptant un horaire que l’on vous donne. Si vous demandez à dix personnes un horaire, il y en aura dix différents. Pour couronner le tout, le jeepney n’ira même pas jusqu’à San Augustin et nous serons obligé de faire les 15 derniers kilomètres en tricycle jusqu’au point d’embarquement pour l’île de Romblon à 1 h de navigation.
Nos sacs à l'arrière du tricycle
vendredi 30 janvier 2009
île de romblon (romblon-visayas)
Nous logeons au San Pedro Resort sur la plage de Talipasak à une dizaine de KM de Romblon Town, charmante petite ville portuaire aux maisons de bois colorées avec ses ruelles étroites très fleuries, sa très belle cathédrale du 17e siècle d’où s’échappent d’authentiques sons de cloches…
Noyé sous une végétation luxuriante, notre bungalow de construction traditionnelle avec sol en marbre (l’une des ressources naturelle principale de l’île) est doté d’une magnifique terrasse surplombant l’eau cristalline de la mer de Sibuyan.… exceptionnel.
Les plages idylliques telles celles de Bon Bon et de Tiambin ne manquent pas sur l’île de Romblon.
Plage...
...de...
... Bon Bon
Plage de Tiambin
Après en avoir fait le tour, nous louons un bateau pour découvrir les « Tres Marias » : Alad, Cobrador et Lugbung, 3 petites îles habitées par des pêcheurs. Nous faisons la connaissance de Londo, notre capitaine et de sa toute petite banca qui paraît bien frêle pour affronter cette mer bien agitée. Pour parer à la cata, nos petits sacs à dos sont déjà dans des sacs waterproof et l’on se met directement en maillots de bain sur le quai devant de très nombreux curieux, sachant pertinemment qu’au bout de quelques minutes nous allons être complètement trempés… et ça n’a pas loupé ! Une première vague et déjà plus un poil de sec...
Île...
...d' Alad
Petite anse sur l'île d'Alad - Pique-nique à .... Cobrador
Île...
... de ...
... Cobrador
Île de lugbung
Si l’on a pas peur de naviguer sans gilet de sauvetage, si l’on a pas peur de chavirer à chaque vague, si l’on a pas peur de boire la tasse sur le bateau et si l’on a pas peur pour son brushing, alors il faut aller sans hésiter visiter ces trois merveilles. Un accueil hyper chaleureux nous est réservé par les maires respectifs des 3 îles qui viennent nous saluer et papoter avec nous. Une succession de cartes postales tout au long de cette journée inoubliable en compagnie de notre adorable capitaine qui aura tout fait pour nous ramener à bon port. Un grand coup de cœur pour l’île de Cobrador, paradisiaque.
lundi 2 février 2009
île de Sibuyan (romblon-visayas)
De Romblon Town, nous embarquons dès 7 H sur un petit ferry, ce qui n’est pas un luxe vu l’état de la mer complètement déchaînée. En 2 H de temps, nous aurions du atteindre l’île de Sibuyan mais la mer en décidera autrement. D’énormes coups de roulis vont tout faire valdinguer dans le bateau. Des vagues gigantesques vont nous secouer dans tous les sens pour un voyage qui au final durera 3 H. Quel bonheur de retrouver la terre ferme !
L’île de Sibuyan, les Galapagos du pays, est surtout connue pour son parc naturel recouvert d’une forêt primaire très dense abritant une faune et une flore exceptionnelle. Le mont Guiting-Guiting (2058 m) domine cet enfer vert.
Mont Guiting-Guiting
Nous passons notre première nuit à Magdiwang au nord, à la Vicky’s Guesthouse, une fort sympathique philippine et excellente cuisinière de calamars absolument délicieux. C’est d’ailleurs le seul endroit pour se loger et se restaurer en ville. Magdiwang est un vrai trou, mais qui vaut tout de même le détour pour son très rustique village de pêcheurs, où nous nous imissons avec la plus extrême discrétion en voyant la tête interloquée des habitants qui semblent ne jamais avoir vu un étranger fouler les lieux.
A quelques kilomètres de là, au fin fond de la jungle, la superbe cascade de Lambingan va nous permettre de nous rafraîchir, un vrai spa des plus tonique.
Le lendemain, direction San Fernando tout au sud, bien plus accueillante que Magdiwang. A peine nos sacs à dos déposés au See Breeze Inn, que nous montons dans une banca pour l’île de Cresta de Gallo. 1H15 de navigation où là encore notre brushing va en prendre un coup ! Mais quelle récompense en voyant la beauté de cet endroit : un long îlot très verdoyant, bordé sur toute sa longueur d’une extraordinaire plage de sable blanc et rattaché à un minuscule îlot par une longue bande de sable. Le tout baigné dans une eau turquoise incroyablement limpide. Une île pour nous tous seuls, le rêve.
En route pour Cresta de Gallo
Au retour, Etta, la maîtresse de maison, 70 ans et plus toutes ses dents, nous a concocté un excellent poulet adobo (plat national). Le soir, nous assistons à un coucher de soleil fantastique comme rarement nous en avons vu, le soleil n’étant visible à aucun moment, seuls les nuages composeront ces tableaux aux couleurs irréelles et d’une beauté inouïe.
Le lendemain aux aurores, nous allons voir l’épave du M/V Princess of the Stars , un ferry qui au mois de juin dernier a coulé à 800 m de la côte, lors du passage de « Frank », le typhon du siècle pour les Philippins. De source officielle 850 morts, mais selon les locaux, 1000 à 1200 personnes auraient péri dans le naufrage. Les innombrables quantités de barils contenant des pesticides ont été remontés à la surface par des plongeurs américains. De nombreux corps sont restés à l’intérieur du navire complètement retourné sur lui-même ne laissant apparaître à la surface de l’eau que sa proue. Impressionnante vision. Désormais, les philippins ont baptisé ce lieu « ground zero » en mémoire des victimes et sans perdre de temps, ont imprimé des t-shirts souvenir, floqués d’un dessin montrant la position du bateau reposant sur les coraux ainsi que toutes les différentes mesures de profondeur. Business is business.
Epave du ferry -T shirt de l'épave -Marché de San Fernando
Un petit tour en passant par la rivière Cantingas avant d'embarquer dans une grosse banca pour la grande île de Panay au sud. Aujourd’hui, la mer est avec nous et cela vaut mieux car nous partons pour 5 H de navigation. Une vraie petite croisière pèpère avec bronzette sur le toit du bateau.
Rivière Cantingas
Festivités à San Fernando
Nous arrivons donc à Roxas, une grande ville. Et c’est le choc, le retour à la civilisation, la foule, les voitures, le bruit… Nous venons de nous rendre compte que depuis le début de notre voyage, nous avons vécu hors du temps, hors du monde moderne, hors des sentiers battus. Incroyable sensation que de monter dans un bus climatisé flambant neuf avec écran plat au plafond. Incroyable sensation de confort que de rouler sur une route bitumée… mais comme on se les pèle dans ce foutu bus et ses vitres tintées qui donnent l’impression qu’il fait mauvais dehors… vivement à nouveau les secousses des jeepneys, la route à l’air libre et les nuages de poussière ! Nous traversons toute l’île de Panay du nord au sud durant 3 H et arrivons à Iloilo City, une grande ville glauque, chaotique, sans intérêt comme la majorité des grandes villes du pays. Heureusement ce n’est qu’une nuit de transit avec comme seule consolation le luxe suprême de la première douche chaude depuis 3 semaines... et ensuite vivement le retour à la nature !
jeudi 5 février 2009
île de guimaras (visayas)
Seulement 15 mn de banca nous auront permis de fuir Iloilo City. Nous voici donc sur l’île de Guimaras, réputée pour la culture de ses mangues, les meilleures du pays. 30 mn de jeepney à travers les plantations de mangues et 15 mn de banca plus loin, nous arrivons au Baras Beach resort (http://baras.willig-web.com/index_en.htm) qui jouit d'une situation exceptionnelle au bord d’un magnifique lagon. Notre bungalow surplombe l’eau émeraude et les coraux. Un vrai régal pour les yeux.
Nous passerons deux jours à explorer les toutes petites plages bordées de cocotiers, l’impressionnante mangrove, les tous petits îlots environnants renfermant de nombreuses grottes et tout cela à la rame, seuls sur notre petite banca dans ce dédale de merveilles naturelles. Cure de poisson frais à tous les repas dont l’eila et le lapu-lapu grillés, véritablement exquis.
Mangrove
Une des nombreuses grottes
Eila grillé
samedi 7 février 2009
Sipalay (negros occidental-visayas)
6 H du mat, la journée commence plutôt mal, il pleut des cordes, il vente et vu le périple que nous devons effectuer aujourd’hui, cela ne sera pas vraiment une partie de plaisir. Mais fort heureusement nous sommes super bien équipés contre les intempéries. Nous quittons le Baras Beach Resort en petit bateau à moteur qui nous dépose une demi heure plus tard au minuscule port de Puyo. La mer est basse et l’on doit se résoudre à marcher dans la vase mouvante et gluante. Alourdis par nos sacs, nous nous enfonçons jusqu’aux genoux dans cette dégoûtante mélasse. C’est donc dégoulinants et les jambes couvertes de cette mixture noire dégueulasse que nous grimpons dans un tricycle. Trente bornes sous une pluie battante pour arriver au point d’embarquement pour l’île de Negros.
C’est la tempête, la mer est démontée. On craint le pire. Après avoir chargé le fret, c’est au tour des passagers d’embarquer dans une énorme banca, qui sous l’action des vagues bouge dans tous les sens. Il faut donc jouer les équilibristes pour parcourir la longue planche étroite qui sert de passerelle. Une fois cette épreuve passée, il faut avancer sur les gros sacs de patates douces, à genoux avec notre fardeau sur le dos, en évitant au passage d’accrocher les bâches de protection qui recouvrent la banca. Des gens sont déjà entassés au fond et à l’avant du bateau. Il ne reste qu’une planche au milieu pour s’asseoir, dos au moteur avec 2 mètres de vide sous nos fesses. Seb a d’ailleurs failli tester l’eau croupie qui baigne le fond de la cale. A peine assis, on enfile notre gilet de sauvetage gentiment attaché par le capitaine. Nous sommes serrés comme des sardines, brinquebalés dans tous les sens. Nous avons l’impression d’avoir embarqué sur un boat –people ou d’être des naufragés du Titanic dans notre grand canot de sauvetage. Le moins rassurant dans tout cela, c’est que nombre de passagers ne cessent de faire leur signe de croix, tandis que d’autres lisent des prières… génial...d’autant qu’on n’a pas encore larguer les amarres… et c’est parti pour une heure de grand frisson ! Si vous n’êtes pas effrayés par les creux de 3 à 4 mètres, si vous n’êtes pas claustrophobes et si vous adorez les montagnes russes, alors ce trip est pour vous.
Nous voici arrivés sur l’île de Negros (Negros occidental). Un petit coup de tricycle à l’arrivée (toujours sous la pluie) jusqu’à la « Highway » où nous stoppons un bus bondé pour 3H30 de route et enfin nous sautons dans notre ultime tricycle pour parcourir les 12 derniers KM de piste abominable qui nous mène au Punta Bulata Beach Resort pour une nuit « grand luxe » que nous n’aurons pas démérité.
Le lendemain, le soleil est enfin revenu. Comme nous ne pouvons pas accéder à l’île de Danjugan en raison du peu d’enthousiasme de la part des gardes du parc marin à nous envoyer un bateau, nous décidons de partir sur Sipalay à 20 KM plus au sud et nous atteignons en banca la plage magnifique de Sugar Beach pour un grand moment de farniente. Deux jours de glandouille dans ce magnifique endroit avec ses fantastiques couchers de soleil, l’eau la plus chaude dans laquelle nous nous soyons baignés sans compter et les délicieux cocktails du Bermuda Beach Resort (www.bermuda-beach-resort.com) où nous avons séjourné.
mardi 10 février 2009
île d'apo (negros oriental-visayas)
Après 7 H de transports en tous genres, dont 30 mn de « bateau-douche », nous arrivons sur l’île d’Apo pour y passer deux nuits. Dans une petite crique isolée cernée de hauts rochers noirs, hébergement de charme malgré les rats qui se battent toute la nuit au dessus de nos têtes. Bronzette, snorkeling au milieu des coraux multicolores. Tout ici est réuni pour passer un excellent séjour. http://www.apoislandresort.com/
jeudi 12 février 2009
île de siquijor (visayas)
Retour sur le continent (Negros oriental) d’où nous prenons un bus pour la ville de Dumaguete, port d’embarquement pour l’île de Siquijor, réputée pour ses sorciers qui concoctent toutes sortes de remèdes et de potions à base d’herbes et de plantes en tout genre. Une heure de speed boat sur une mer une nouvelle fois déchaînée et nous voilà arrivés à Siquijor Town, charmante petite ville historique avec son église en pierre de corail datant de 1783. Nous passons une heure dans un tricycle à chercher un hébergement. Nous poserons nos sacs au Hard Rock Cottages (www.hardrockcottages.com) à Bitaug, au nord de l'île. Un endroit charmant hyper clean dans un jardin fleuri, face à la mer, disposant de quatre bungalows colorés et d'un super petit resto avec une carte très fournie. Accueil d’ Elma des plus sympathique.
Eglise en pierrre de corail - Notre bungalow - Hard Rock Cottages
Contrairement à l’île de Negros où l’accueil des gens était plus réservé (mais néanmoins sympathique), ici, nous jouons à nouveau à la reine d’Angleterre dans son carrosse... nous c’est dans un tricycle pourri ! Tout le monde nous fait coucou avec de grands sourires. Lorsque nous marchons au bord de la route, les gens nous interpellent et nous pressent de questions. Nous avons remarqué qu’ici, tout comme au sud de Negros, les faciès des gens sont très différents avec des traits plus négroïdes (les Moluques, Timor et l’Irian Jaya n’étant pas très loin).
Depuis que nous avons quitté l’île d’Apo, le temps est couvert, il fait très chaud. Et pour cause : nous sommes dans la ligne de progression d’un typhon. Plus aucun bateau n’arrivera et ne partira de l’île aujourd’hui. Pourtant ce matin, le temps est clément pour visiter l’île en jeepney et en moto. La petite ville de Lazi avec son église en pierre de corail (San Antonio de Padua-1857) et son couvent (le plus ancien des Philippines), les bananeraies, cocoteraies, rizières, cascades (Cambughay falls) et surtout les plages fantastiques de sable blanc aux eaux cristallines (Kagusua et Salagdoong) agrémentent notre super périple. Mais personne n’aura su nous expliquer pourquoi tant de chiens morts entassés jalonnaient la route aux alentours du village Lohan. Vision d’horreur de ces pauvres bêtes abattues... Quant au typhon dont l’alerte était maximale en soirée, il épargnera fort heureusement l’île.
Couvent et église en pierre de corail de Lazi
Cambughay falls
Plage de Kagusua
Plage ...
... de ...
... Salagdoong
Le lendemain, nous découvrons la petite plage de Paliton, son sable blanc aveuglant, ses bancas multicolores nichées dans une forêt de cocotiers. Vue imprenable sur l’île d’Apo et l’immense île de Mindanao où nous nous rendrons dans les prochains jours.
Plage de ...
... Paliton
lundi 16 février 2009
île de camiguin (mindanao)
Pour rejoindre notre prochaine destination, il nous faudra 5 H de bateau pour rejoindre l’île de Cebu, une nuit de transit sur l’île de Mactan, 45 mn de vol pour atteindre Cagayan de Oro sur l’île de Mindanao, 1H30 de bus jusqu’au port de Balingoan et pour finir 1 H de ferry pour atteindre l’île de Camiguin.
Si les îles d’Apo et de Siquijor ne nous ont pas laissé un souvenir impérissable, bien que le détour en vaille largement la peine, Camiguin va être le deuxième coup de cœur de notre voyage. Cette petite île ronde de 64 KM de circonférence est l’île possédant le plus de volcans au KM² au monde, dont 20 d’entre eux culminent à plus de 1000 m. Camiguin est littéralement recouverte de cocotiers et bordée de plages de sable noir exceptée celle de Kabila (sable blanc) – vraiment minuscule – au sud.
Plage de sable noir
Le lendemain de notre arrivée, le temps est splendide et nous allons découvrir cette île enchanteresse à moto. A chaque virage, c’est un émerveillement : la flore est exceptionnelle et la route côtière nous réserve d’admirables points de vue. A plusieurs reprises, nous allons quitter cette route principale pour nous enfoncer au cœur de l’île à la découverte de cascades et de sources naturelles alimentant d’immenses bassins au cœur d’une végétation luxuriante. La première source que nous visitons, Tangub Hot Spring, est très curieuse : c’est une petite crique de roche volcanique où l’eau très chaude sort du sol rocailleux et se mélange à l’eau de mer. Génial à marée basse. Les autres sources se situent dans les terres et offrent de somptueux panoramas sur les volcans : Bura Spring est aussi appelée « Soda Spring » par les philippins en raison de la source pétillante qui libère ses milliers de bulles au centre d'une piscine naturelle d’eau fraîche. La vue est imprenable sur le volcan Hibok-Hibok (1250m). Plus loin, Santo Niño Cold Spring, bassin de 40 m de long et presque autant de large, offre une baignade des plus tonique, vraiment très fraîche mais ô combien agréable par cette chaleur ambiante. La vue est magnifique sur le volcan Mambajao (1400m). Notre prochain stop : Katibawasan Falls, une cascade de 70 m de haut qui déverse son torrent d'eau dans un vacarme assourdissant. Très impressionnant. Mais le meilleur reste à venir : Ardent Hot Springs, dernière halte de cette fantastique journée : une succession de bassins tout en pierre sur plusieurs niveaux et agrémentés de nombreuses cascades idéales pour des massages toniques. Le plus extraordinaire est la différence de température entre les différents bassins, en fonction de la source d’eau qui les alimente. L’un d’entre eux atteint même 39°C, un vrai bonheur. Deux heures de thalasso jusqu’à la nuit tombée au milieu de cette jungle exubérante. Dix heures de balade pour une journée inoubliable !
Old Volcano
Mont Hibok-Hibok
Bura Cold Spring -Tangub Hot Spring -Ardent Hot Springs
Mont Manbajao
Katibawasan Falls
Le lendemain, nous voilà seuls au monde sur White Island, un immense banc de sable d'une blancheur aveuglante, en forme de croissant, entouré d’une mer turquoise faisant face aux majestueux volcans de l’île de Camiguin. Un vrai rêve.
Côté expérience culinaire, nous ne sommes pas en reste : nous logeons au Caves Resort (www.cavesdiveresortcamiguin.com) et la cuisine y est excellente comme par exemple la salade de jeunes fougères au gingembre ou celle de jeunes feuilles de patates douces au vinaigre de noix de coco…
Si nous en avions eu la possibilité, nuls doutes que nous serions encore resté plusieurs jours sur cette île préservée du tourisme de masse qui posséde tant de merveilles naturelles...c’est incontestablement l’immense coup de cœur de ce voyage ! Nous quittons avec beaucoup de regrets tous ces gens si chaleureux et si amicaux, d’une gentillesse incroyable. Hélas, nous serons ce soir à Manille… dur retour à la réalité
jeudi 19 février 2009
Retour à la case départ
Vue sur Makati à Manille
Il nous aura fallu 5 semaines pour effectuer ce périple d’île en île : Mindoro, North Pandan, Apo Reef, les îles Romblon, Panay, Guimaras, Negros, Apo, Siquijor et Camiguin... mais seulement 1H30 en avion de Cagayan de Oro à Manille pour survoler exactement ce même parcours dans le sens inverse, avec une vue aérienne splendide de toutes ces îles. Une remontée dans le temps où de nombreux souvenirs inoubliables resurgissent au fur et à mesure que défile devant nos yeux le film de ce périple mémorable.
Beaucoup de personnes auront contribué à la réussite de ce fantastique voyage. Grâce à leur accueil des plus chaleureux, leur immense générosité, leurs sourires et leur talent culinaire.
Un grand merci à :
- Felipa pour ses gambas géantes
- Merelyn pour son délicieux kinilaw et son surprenant tuba
- Vicky pour ses calamars exquis
- Etta pour son succulent poulet adobo
- Baby et sa petite bande pour ses extraordinaires poissons frais grillés
- Zenaïda et sa très sympathique équipe pour ces cocktails au calamansi
- au staff de Mr Galardo pour ses salades fabuleuses
et un immense merci à tous ces Philippins que nous avons un jour rencontré - parfois de façon très éphémère – et qui par leur joie de vivre et leurs sourires viennent plus que jamais conforter ce dicton : « Jamais deux sans trois ».







































































































































































